Le cheval à l’état naturel
À l’état naturel, le cheval organise sa journée autour de besoins fondamentaux indispensables à son équilibre physique, émotionnel et social.
Se nourrir
Se nourrir est l’activité principale du cheval sauvage. Il y consacre entre 12 et 18 heures par jour, en ingérant de petites quantités de nourriture variée, sans rester plus de 3 à 4 heures sans manger.
Son système digestif est spécifiquement adapté à ce mode d’alimentation : le cheval ne possède pas de vésicule biliaire, car son régime est riche en fibres et pauvre en graisses. La bile est donc libérée en continu directement dans l’intestin. Cette particularité est importante à prendre en compte dans certaines approches d’accompagnement, notamment énergétiques, où le méridien de la vésicule biliaire est considéré.
Se reposer
Le cheval se repose 5 à 7 heures par jour. La plupart du temps, il se repose debout, en appui sur trois membres, l’encolure basse, les yeux fermés ou mi-clos, dans un état de somnolence.
Le sommeil couché est plus rare et nécessite un sentiment de sécurité important. Les jeunes chevaux et les poulains dorment davantage couchés que les adultes.
Se déplacer
Le cheval se déplace en moyenne 1 à 2 heures par jour, principalement au pas. En liberté, il peut parcourir jusqu’à 15 à 20 km par jour, selon la disponibilité de la nourriture.
Ces déplacements lui permettent de trouver de l’herbe, de l’eau, un abri ou un endroit propice pour se rouler.
Observer
Le cheval consacre 1 à 2 heures par jour à l’observation de son environnement. En troupeau, les chevaux se relaient pour assurer une vigilance collective, renforçant ainsi le sentiment de sécurité du groupe.
Interagir avec ses congénères
Animal grégaire par nature, le cheval vit en groupe et développe des liens sociaux essentiels à son bien-être. Jeux, toilettage mutuel, grattouilles, chasse aux mouches ou simples contacts participent à la cohésion du troupeau. Les chevaux se regroupent souvent par affinités.
Se rouler
Les roulades font également partie de ses comportements naturels. Elles lui permettent de se gratter, de s’étirer et de relâcher les tensions corporelles.
Dans la nature, le cheval s’adapte aux conditions climatiques et environnementales. Il développe un poil plus dense en hiver, cherche des abris contre le vent, la chaleur ou les insectes, et laisse son corps s’ajuster aux variations naturelles.
La vie du cheval domestique
La vie domestique diffère profondément de celle du cheval à l’état naturel. Pour préserver son bien-être, il est essentiel de respecter au mieux ses besoins fondamentaux :
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lui permettre de sortir régulièrement au pré ou au paddock, idéalement avec d’autres chevaux ;
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fractionner les repas et mettre à disposition du foin ou de l’herbe afin qu’il puisse manger tout au long de la journée ;
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lui offrir la possibilité d’observer son environnement, même depuis son box.
Le respect de ces besoins favorise l’équilibre émotionnel du cheval et limite l’apparition de troubles du comportement, tels que les tics ou les signes de mal-être.
Le cheval en troupeau domestique
Lorsque l’on souhaite proposer une vie en troupeau à un cheval domestique, plusieurs éléments doivent être pris en compte, au-delà des critères pratiques habituels (coût, distance, services, etc.) :
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l’envie réelle du cheval de passer d’une vie individuelle à une vie de groupe ;
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sa capacité à s’intégrer en fonction de son vécu (handicap, expériences traumatiques, mauvaise socialisation) ;
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le temps d’adaptation nécessaire, variable selon chaque individu ;
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les conditions de vie du groupe : nombre de chevaux, superficie disponible par cheval, espace sous abri, accès à une alimentation suffisante et adaptée.
Chaque cheval étant unique, ces paramètres influencent fortement la réussite de l’intégration.
Difficultés et problématiques rencontrées
Les problématiques rencontrées chez le cheval peuvent être multiples :
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relations difficiles avec les propriétaires, cavaliers, soigneurs ou autres animaux ;
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comportements liés au stress ou au mal-être : peur, agressivité, nervosité, abattement, anxiété, angoisses de séparation, difficultés d’adaptation aux changements ;
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mémoires de traumatismes liés à la naissance, au sevrage, à la castration, au marquage ou à des expériences négatives ;
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troubles de santé ou comportements répétitifs : problèmes urinaires, verrues, stéréotypies (tic à l’appui, à l’air, à l’ours, déambulation).
Libérer ces mémoires, ces incompréhensions ou ces habitudes génératrices de stress permet au cheval de retrouver davantage de sérénité et de renforcer la relation de confiance avec l’humain.
La kinésiologie équine
La kinésiologie équine prend ici tout son sens. Elle permet d’aborder les problématiques du cheval à travers ses dimensions émotionnelle, corporelle et vibratoire.
Le travail réalisé lors d’une séance vise à libérer les blocages émotionnels, à relancer la circulation énergétique dans les méridiens et les organes, et à accompagner le cheval dans la libération de ses peurs et traumatismes.
Cette approche agit également sur les mémoires transgénérationnelles et vibratoires, favorisant un mieux-être global et une meilleure intégration au sein du troupeau.
Les chevaux féraux
Chez les chevaux féraux, la vie en groupe repose sur une organisation sociale structurée. Chaque individu a sa place, et la hiérarchie, bien que présente, reste évolutive.
Contrairement aux idées reçues, l’étalon n’est pas le dominant du troupeau. Son rôle principal est d’assurer la protection du groupe, la reproduction et l’éducation des jeunes.
La véritable dominante est souvent une jument âgée, dont l’expérience est essentielle à la survie du groupe : elle connaît les points d’eau, les zones de nourriture et les meilleurs abris.
Le cheval de Przewalski constitue un exemple remarquable. Bien qu’il vive aujourd’hui à l’état sauvage, il s’agit d’une population férale issue d’ancêtres domestiqués il y a environ 5 500 ans par la culture Botaï, avant leur retour à la vie sauvage.
Génétiquement distinct des chevaux domestiques modernes (66 chromosomes contre 64), il représente la plus ancienne population de chevaux vivant à l’état sauvage et constitue un enjeu majeur de conservation.
Pour aller plus loin
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Livre : Le silence des chevaux – Pierre Enoff
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Site internet : Equi-libre
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Podcast : Des baleines sous les gravillons – série « Le silence des chevaux » (16 épisodes)
Ces ressources invitent à mieux comprendre le cheval dans sa globalité et à porter sur lui un regard plus conscient, respectueux et bienveillant.
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